dimanche, mars 26, 2006

Le bistrot politique change d'adresse !!!

Deux mois après son ouverture, le bistrot politique déménage pour de simples raisons techniques (meilleure ergonomie, classement des posts par catégorie, newsletter, etc…) mais son contenu et sa philosophie restent les mêmes.
J'espère donc vous voir aussi nombreux à cette nouvelle adresse qu'à l'ancienne, d'autant qu'à un peu plus d'un an de la présidentielle, ce ne sont pas les sujets de discussion qui vont manquer !!!

A tout suite à la nouvelle adresse du bistrot : http://nicopolitique.blogspirit.com/

Le Taulier

vendredi, mars 24, 2006

Pas de bougeons au Bourget pour le PCF

Les communistes n'ont pas de chance avec le timing : leur congrès ce tient alors que tout le monde ne s'intéresse qu'à l'avenir de plus en plus précaire (ce qui n'est que justice vu que c'est ce qu'il propose aux jeunes) du CPE. Cela relègue ce passionnant événement de la vie politique nationale au second plan (dans le meilleur des cas). C'est dommage parce qu'avec les communistes on n'est jamais déçu et on se marre bien et ce 33e congrès du PCF ne devrait pas déroger à la règle. En effet, si le parti ne se sent plus depuis la victoire du "non" au référendum de l'an dernier, d'une part il ne représente plus rien électoralement parlant, d'autre part il est divisé : deux courants orthodoxes, emmenés l'un par André Gerin, député-maire de Vénissieux, et Maxime Gremetz (qui se voit candidat à la présidentielle), député de la Somme, entendent présenter leur propre motion. Au passage, que l'on puisse se définir comme orthodoxes dans un parti stalinien, ça me fait froid dans le dos…
La raison de ces deux motions ? Ils trouvent que Marie-George Buffet ne va pas assez vite pour affirmer la présence d'une candidature PCF à la présidentielle de l'an prochain. Il faut dire qu'elle a l'outrecuidance de vouloir reporter cette décision à l'automne pour essayer de donner une chance à une candidature unique de "la gauche antilibérale", à l'exception des trotskistes (c'est vrai quoi, ils ne vont quand même pas pactiser avec l'ennemi de toujours !!!). La schizophrénie de la numéro 1 du PCF est totale vu que dans le même temps elle négocie un accord de gouvernement avec le PS et les Verts…

A propos, plus d'un français sur deux (54%) considère que le communisme n'est plus d'actualité. Quand on sait que ce sondage CSA a été commandé par L'Humanité ça laisse rêveur sur la réalité des chiffres et ça fait naître un espoir un peu fou : que ce congrès soit le dernier du PCF. Pour cela il suffirait qu'en 2007, le ou la candidat(e) PCF ne fasse pas mieux que les 3,3% de Robert Hue en 2002 et que le PS arrête de maintenir ce parti d'un autre temps sous perfusion lors des législatives…

jeudi, mars 23, 2006

Fin de règne

Au moment où Nicolas Sarkozy se prépare à lâcher le Premier ministre, il n'y a pas que le CPE dans la vie… il y a aussi Jacques Chirac. Même si cela ne se fait pas de tirer sur une ambulance (surtout lorsque celle-ci transporte un vieil homme sourd et victime d'un AVC), force est de constater que la dernière année qui s'ouvre pour Jacques Chirac à l'Élysée prend les allures d'une interminable fin règne. Mais comme contrairement à ce qui se passait sous l'Ancien Régime, le monarque républicain quittera son palais vivant, ce qui lui impose d'organiser son avenir, notamment en l'espèce sur un plan judiciaire. C'est ainsi que Jacques Chirac prépare la nomination au poste de procureur général près la Cour d'appel de Paris de Laurent Le Mesle, son ancien conseiller juridique et actuel directeur de cabinet du Garde des Sceaux. Rien de tel pour s'assurer une impunité future dans les différents dossiers dans lesquels il est mis en cause…

Dans le même temps, et comme tous les ans à la même époque, revient sur le devant de la scène politique la question du budget de l'Elysée. René Rosière, le député PS de l'Aisne que cette question passionne depuis des années, a ainsi révélé que le budget du Palais (toujours aussi opaque et assuré aux deux tiers par les différents ministères) a enflé de 745% en 10 ans. Il note aussi que le traitement du chef de l'État est "ridicule" par rapport à celui du Premier ministre (79 133 euros contre 242 472 euros), ce qui constitue un véritable pousse au crime…D'où son appel, qui devrait être consensuel, à "faire la transparence sur le budget de la présidence". 2007, quelque soit le vainqueur, devrait être l'occasion de de s'y mettre.

Et dire que Jacques Chirac avait promis une réforme du statut de chef d'État, ce qui aurait permis de régler les problèmes tant juridiques que financiers. Mais, si je ne m'abuse, le même Jacques Chirac avait, en 1995, promis de réduire la fracture sociale ou, quelques années auparavant, de se baigner dans la Seine …

mercredi, mars 22, 2006

Engagez-vous qu'ils disaient

La France a un taux d'adhésion aux partis politiques (et aux syndicats) pathétique. Il serait évidement trop facile de prétendre que c'est uniquement parce que les partis sont mauvais, au pire peut-on dire qu'ils sont un mal nécessaire. L'une des principales raisons du manque d'engagement politique de nos concitoyens provient, ou plutôt, provenait du véritable parcours du combattant que représentait l'adhésion : trouver la bonne structure locale, puis le bon interlocuteur, ensuite remplir le bulletin d'adhésion et payer sa cotisation (souvent élevée) avant de pouvoir participer si peu que ce soit à la vie locale d'un parti… il fallait vraiment avoir la foi !!!
Heureusement avec l'arrivée d'Internet (enfin après quelques années de retard), les partis commencent à simplifier leurs procédures d'adhésion, avec des résultats impressionnants, notamment pour l'UMP ou le PS. Voici donc pour celles et ceux tenter un engagement, un rapide guide comparatif (mais pas le moins du monde exhaustif) :

Adhésion possible en ligne :
PS pour 20 euros ;
UDF pour 20 euros
UMP pour 25 euros ;
MNR pour 40 euros (désolé…) ;
PCF pour 1% de vos revenus (on est communiste ou on ne l'est pas…).

Adhésion par courrier :
FN pour 50 euros (mais avec nécessaire validation au niveau nécessaire) ;
MPF (impossible d'ouvrir le pdf pour connaître le tarif…).

Adhésion "d'un autre temps" :
Les Verts : remplir un formulaire d'inscription retiré dans une section locale et attendre un mois la décision de la commission régionale (comme d'habitude chez eux pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué…), cotisation de 35 à 1 400 euros ;
LCR : adhésion par contact direct avec un militant et ensuite obligation d'assiduité (comme au bon vieux temps… pas de doute, ils sont restés bloqués aux années 30…), cotisation de 5 à 10% des revenus ;
LO, il est sans doute possible d'adhérer, mais j'ai rien trouvé sur le site, et j'ai pas envie de chercher plus loin dans cette secte…

Promis le Bistrot ne touche aucun pourcentage sur les cotisations, je ne fais cela que pour la beauté du geste !!!

(merci au très bon article du Monde qui m'a permis de ne pas avoir à visiter tous les sites des partis)

Villepin joue le pourrissement

Honnêtement l'attitude actuelle du Premier ministre n'est pas digne de l'image qu'il cherche à se donner depuis qu'il est ministre. Pire il est redevenu l'homme buté, méprisant et prétentieux qu'il était à l'Élysée jusqu'en 2002, responsable notamment de la dissolution de 1997. Une fois n'est pas coutume, c'est Jean-Marc Ayrault qui définit le mieux l'état d'esprit de du Premier ministre : "mû par l'égoïsme, Dominique de Villepin emprisonne la France dans son destin personnel. Peu lui chaut qu'elle se brise, seul lui importe de sculpter sa statue de présidentiable inflexible".
Dominique de Villepin en a remis une couche face aux députés UMP, de plus en plus nombreux à s'interroger sur sa stratégie, en précisant qu'il n'y aura "ni retrait, ni suspension, ni dénaturation" du CPE. Ainsi se prononce-t-il contre la justification du licenciement pour ne pas tomber dans "formalisme juridique qui compliquerait le contrat et le rendrait inefficace". Un entêtement ahurissant, d'autant plus que même les chefs d'entreprise qu'il a reçu lundi lui ont expliqué la nécessité de justifier le licenciement…
Il a enfin balayé d'un revers de main l'idée, de plus en plus répandue chez les sarkozystes, d'une suspension du CPE le temps d'ouvrir des négociations avec les partenaires sociaux (ce qui ne serait que justice et logique : quand on appelle quelqu'un à l'aide, c'est la moindre des choses que de se mettre en position de l'écouter…). Sa justification ? Son électorat ne le lui pardonnerait pas… Quelle bêtise et quel manque de connaissance de la société française : Dominique de Villepin est tellement coupé de la vie réelle qu'il ne peut même pas imaginer que l'on puisse être de droite et avoir peur pour l'avenir de ses enfants qui risquent d'être soumis à un contrat qui institutionnalise la précarité !!!

Ce grand admirateur de Napoléon est plus en train se s'enferrer dans une guerre de tranchée que de réaliser un coup de génie militaire digne d'Austerlitz… Le CPE risque bien d'être son Waterloo et les 13 mois qui nous séparent de la présidentielle sont bien partis pour prendre des allures de retraite de Russie…

mardi, mars 21, 2006

Et pendant ce temps-là au Parti socialiste…

Pendant que les syndicats amplifient leur lutte contre le CPE en appelant à une journée d'action interprofessionnelle et de grève le 28 mars, le PS est loin de ces peccadilles et s'intéresse a vrai sujet d'importance qui devrait captiver la vie politique française : le choix des circonscriptions pour 2007. Et comme toujours au PS cela donne lieu à une foire d'empoigne digne du meilleur (ou du pire) théâtre de boulevard.
Cette fois-ci c'est l'application de la parité qui a mis le feu aux poudres. En effet, les fabusiens y voient une manœuvre des hollandais pour les défavoriser. La polémique une nouvelle fois est déclanchée par l'inénarrable Claude Bartolone qui affirme : "la seule logique qui guide le parti est clanique. C'est celle des amis de François Hollande. Nous allons vers une confiscation familiale du parti, que nous ne pouvons plus accepter". Ce qui peut se traduire par haro sur Ségo… Les amis d'Arnaud Montebourg, quoi que moins ouvertement anti-Royal, ne sont pas loin de penser la même chose en assurant que "la parité est devenue un instrument pour taper sur les minorités politiques du parti". A contrario, Marine Aubry est toujours à la recherche d'une circonscription dans le Nord, aucun homme ne lui ayant cédé sa place… dur d'être un(e) éléphant(e) au PS… Sans compter qu'il faudra ensuite faire de la place aux Verts, bref rien n'est encore réglé.

Et dire que tout cela part d'un bon sentiment (et d'une obligation légale) : présenter 50% de candidates et, tant qu'à faire, obtenir 35% d'élues.
Qu'est-ce que cela aurait été sans la synthèse au Mans ??? Et quelle première image de leur nouveau parti, les déjà 10 000 nouveaux cyber-adhérents vont-ils se faire ???

Soyons rassurés, pas besoin du PS pour assurer une quelconque mobilisation contre le CPE (dont François Hollande a promis l'abrogation en cas de victoire 2007… espérons que ce contrat sera tombé avant) puisque Sharon Stone, en tournée de promo pour Basic Instict 2, vient d'apporter son soutien aux opposants au contrat…

lundi, mars 20, 2006

Villepin aggrave son cas

On le croyait autiste ou sourd, mais il n'en est rien. Le Premier ministre est en fait prétentieux et borné. Après avoir rédigé seul le CPE contre l'avis de ses principaux ministres, il se refuse à écouter le peuple en dépit de l'énorme réussite des manifestations de samedi. Pire, Dominique de Villepin s'accroche au CPE envers et contre tout, comme s'il était déshonorant pour lui de reconnaître son erreur. Au point de contredire le dogme de base de son contrat, la période de consolidation de deux ans qui devait permettre l'embauche des jeunes. En effet, le gouvernement, par la voix de François Goulard, le ministre délégué à l'Enseignement supérieur, propose désormais de la réduire. Dans de telles conditions pour s'accrocher à un texte plombé, au point d'être prêt à le vider de sa substance ???

Démago jusqu'au bout, c'est dans le magazine pour lycéens Citato, qu'il a décidé de s'exprimer pour annoncer que le CPE s'appliquera quoi qu'il arrive, puisque selon lui, "il faut laisser sa chance au CPE ! Un CPE complété, amélioré pour répondre aux inquiétudes de chacun". Ne reculant devant rien, il se lance ensuite dans le mensonge le plus éhonté en assurant regretter qu'il y ait "eu de l'incompréhension sur la méthode" car "il n'a jamais été question dans [son] esprit de refuser le dialogue ou d'éviter la concertation".
Alors que les sarkozystes, François Fillon et Patrick Devedjian en tête, font donner l'artillerie lourde, tant contre la méthode que sur la philosophie du contrat, Dominique de Villepin voit ses soutiens fondre au sein même de sa majorité, au point de devoir s'appuyer sur les plus mauvais de ses membres. Ainsi, Renaud Donnedieu de Vabres sans la moindre pudeur affirme: "nous avons écouté" mais "ne rien faire, différer, retirer, c'est ce qu'il y a de pire", alors que les plus réac des députés UMP, tel l'impayable Jacques Myard, hurlent leur haine des jeunes.

Enfin histoire d'en remettre une couche dans cette ambiance déjà pensante, Jean-Louis Debré condamne l'ultimatum des syndicats qui donnent jusqu'à ce soir au Président de la République pour suspendre le CPE. Cette condamnation par le plus chiraquien des chiraquiens est d'autant plus ridicule qu'il sera le premier et le plus motivé pour justifier une prochaine et prévisible reculade de Jacques Chirac sur le sujet.